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Guillaume Le Berre, Smoove
Guillaume Le Berre, Smoove

Smoove prépare un projet pilote de vélos en libre service à Abidjan

Il n’y a pas qu’en France que la start-up Smoove, célèbre pour la gestion du nouveau Vélib de Paris, déploie des réseaux de vélos en libre service.
La jeune pousse qui met un gros focus sur l’international s’est aussi lancée en Afrique, avec un premier déploiement au Maroc (Marrakech 370 vélos), un appel d’offre remporté à Lagos au Nigéria, et un projet pilote en Côte d’Ivoire.

A l’occasion du forum Ambition Africa, nous avons rencontré Guillaume Le Berre, qui est International Business Developer pour la marque.

Quand on connaît le développement de la voiture dans les villes africaines, alimenté notamment par l’exportation de modèles d’occasion à bas coût depuis l’Europe, la perspective d’introduire des réseaux de vélos libre service en Afrique constitue une bonne nouvelle pour les habitants et pour le continent. Avec des réseaux de transport saturés, le niveau de pollution des villes africaines, sur lequel on dispose de peu chiffres, est celui de pays en voie de développement, sans normes environnementales clairement édictées.

Les réseaux de transport peu développés sur le continent, notamment en Afrique subsaharienne, se traduisent par des temps d’attente bien trop longs pour les usagers et des embouteillages quotidiens. Guillaume Le Berre rappelle les longues files à Abidjan pour prendre le bus ou les navettes fluviales qui traversent la lagune. Le vélo apparaît alors comme une alternative, plus abordable financièrement pour une large frange de la population, notamment les plus jeunes.

Les déploiements de vélos libre service africains sont l’occasion de s’adapter aux marchés locaux, notamment en ce qui concerne les moyens de paiement. L’installation du réseau de vélo à Marrakech a nécessité l’intégration du paiement en espèces. Pour la Côte d’Ivoire, un paiement par mobile est prévu.

Les vélos en accès libre de Marrakech ont été installés à l’occasion de la COP 22, et sont restés en place depuis.

L’expérimentation à Abidjan concernera d’abord l’université Félix Houphouët Boigny et la commune du Plateau. 299 vélos sont prévus en 2019 pour ce projet pilote, l’objectif étant d’étendre le réseau sur les communes environnantes de l’université, dont Cocody.

Un test dans la commune populaire de Abobo est également prévu. Ces futurs développements ivoiriens, SMOOVE les a initiés en partenariat avec un partenaire local, l’ONG de Andy Costa, My Dream for Africa, qui oeuvre entre autres à favoriser le développement des mobilités douces en Afrique.

Pour Guillaume Le Berre, le vélo ne constitue qu’une alternative et ne saurait être à lui tout seul la solution. Le manque actuel de pistes cyclables dans les villes africaines par exemple constitue certainement un frein. Mais à long terme, peut-être les cités africaines pourront-elles favoriser l’usage du vélo dans leur centre ville, pour réserver l’usage de la voiture aux quartiers périphériques. En complément du tramway ou des métros, le vélo deviendrait le moyen privilégié pour gérer le dernier ou le premier kilomètre, en complément des transports de masse.